Editorial : 9 ème édition 2012

Photo Cyrielle Guir. Longeville-les-Metz
16 mars - 4 avril 2012
9e édition

Metz
Montigny-lès-Metz
Longeville-lès-Metz
Loin des discordes et des dissonances, le Festival des Voix sacrées est un appel au dialogue et à la tolérance, une invitation à la rencontre des cultures et des spiritualités des religions du Livre. Fidèle, depuis sa création, à ses convictions humanistes, il souhaite apporter savoirs et lumières pour éclairer l’autre, le comprendre et le respecter dans sa différence.
Du 16 mars au 4 avril, le festival s’engagera sur les Voies du Sacré, thème de cette 9e édition, jalonnées d’une dizaine d’étapes qui nous mèneront, dans la diversité des répertoires et des siècles, à la découverte réciproque des trésors artistiques qui enrichissent les uns et les autres.
Des airs de gospel des Young Sisters aux polyphonies corses de l’ensemble Barbara Furtuna, des chants turcs du groupe Turquoise aux mélodies juives servies par Benjamin Muller, des motets de Bach et de Purcell interprétés par la Maîtrise de la Cathédrale de Metz aux chœurs du Stabat Mater de Pergolèse chantés par le Concert de l’Hostel Dieu, les voix juives, chrétiennes et musulmanes se feront écho pour s’engager, une fois encore, sur les voies de la rencontre et de l’entente.
Les Voies du Sacré emprunteront également les chemins du théâtre avec une pièce présentée au festival d’Avignon – Etty Hillesum, l’espace intime du monde – avant de nous conduire à l’Hôtel de Ville de Metz pour une conférence d’Abdelwahab Meddeb sur les Cultures d’Islam, et de poursuivre ce parcours par une Soirée Lectures au Musée de la Cour d’Or-Metz Métropole.
Par une heureuse coïncidence des calendriers juif et chrétien, la célébration à l’unisson de Pessah, la Pâque juive, et de Pâques ponctuera d’une dimension spirituelle rare ce Festival des Voix sacrées.
Que soient vivement remerciés ici les collectivités territoriales, entreprises, partenaires culturels et bénévoles pour la confiance et le soutien qu'ils ont apportés afin que cette édition, que nous avons voulue éclectique, porteuse d’ouvertures et de connaissances sur autant d’univers différents, invite au partage et à l’harmonie.
Laurence AISENE, présidente
Lectures : les voies du sacré au Musée de la Cour d'Or
Mercredi 24 avril 2012
Les Voies du sacré
Les voies du sacré sont étonnantes. Avant de se concevoir dans les exigences de la sainteté, de la morale, de l’ascèse ou de la pureté, elles ont exploré les débordements et les excès. Aussi se reconnaissent-elles autant dans le délire bachique païen que dans l'ascèse mystique. Elles empruntent aussi bien le chemin du pèlerinage que celui de l'expérience amoureuse ou érotique, de l'expérience artistique et religieuse. Autant de tentatives pour dépasser les limites étroites de la condition humaine et plonger « au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau ! » (Baudelaire). Chacune des religions du Livre, christianisme, judaïsme, islam, illustre à sa manière une voie du sacré, voire impose des limites au sacré. Quel fil relie entre elles, aujourd'hui encore, ces expériences, quel fil permet de les penser sous la même notion de « sacré » ?
Photos Alain Aisene et Philippe Hoch
La Maîtrise de la Cathédrale de Metz à Longeville-lès-Metz
Samedi 31 mars 2012
Eglise Saint-Symphorien - Longeville-lès-Metz
L’Europe baroque sacrée
Le maire de Longeville-lès-Metz
accueille la Maîtrise de la Cathédrale de Metz
ainsi que Laurence Aisene, présidente du Festival des Voix Sacrées
Au programme
•Llibre Vermell de Monserrat (extraits)
• Motets de Marc-Antoine Charpentier
• Motet « O sing unto the Lord » d’Henry Purcell
• Chacony for strings d’Henry Purcell
• Cantate 150 de Jean-Sébastien Bach
• Magnificat de Durante
Christophe Bergossi
Chef de chœur et organiste, Christophe Bergossi est nommé en 1998 maître de chapelle à la cathédrale de Metz. Ses fonctions à la commission de musique liturgique du diocèse de Metz et son travail à la cathédrale de Metz lui permettent de fonder plusieurs structures en faveur du chant choral.
Il est directeur musical de la maîtrise de la cathédrale Saint-Etienne de Metz créée en 1996 à l’initiative de Monseigneur Raffin évêque de Metz. Cette maîtrise regroupe plusieurs ensembles, une école maîtrisienne, un « collège vocal » et une maîtrise d’adultes. Son objectif principal est de former des chanteurs, animateurs et chefs de chœur pour les paroisses du diocèse. Son travail exigeant, appris auprès de Pierre Cao, a permis à ces ensembles de travailler avec des grands chefs l’interprétation du répertoire : Hervé Niquet, Pierre Cao, Olivier Schneebeli, Jean-Christophe Frish, Edward Higginbottom ou Jaume Miranda.
Photo Alain Aisene
Stabat Mater de Pergolèse et polyphonies traditionnelles : Concert de L'Hostel Dieu
Concert
et Polyphonies traditionnelles
Crédit photo Bertrand Pichène
Direction : Emmanuel Comte
Eglise Saint-Maximin de Metz
Jeudi 29 mars 2012
Pièce de la liturgie catholique remontant au XIIIe siècle et attribuée au franciscain Jacopone de Todi, le Stabat Mater évoque la souffrance de Marie au pied de la croix. Ce poème latin a été mis en musique par de nombreux compositeurs, au premier rang desquels figure Giovanni Battista Pergolesi, dont l’œuvre, écrite à Naples en1736, a connu un succès considérable dans toute l’Europe, imitée et adaptée à maintes reprises, notamment par Bach.
Le Concert de l’Hostel Dieu propose une version partiellement inédite du Stabat Mater, reposant sur un manuscrit jusqu’alors inconnu conservé à Lyon et retrouvé par Franck-Emmanuel Comte. Cette interprétation novatrice de l’œuvre de Pergolèse est complétée par des polyphonies traditionnelles (Miserere, Stabat Mater, tarentelles…) napolitaines ou de la région des Pouilles, que l’on peut y entendre de nos jours encore et que le directeur de l’ensemble a recueillies et enregistrées sur place lors de la Semaine sainte.
A partir de manuscrits inédits conservés à Lyon, Le Concert de l’Hostel Dieu rend hommage à cette Italie qui a - de tout temps - inspiré et fasciné Lyon, comme en témoigne de façon éclatante l’architecture du centre historique.
L’originalité de ce travail artistique est renforcée par la redécouverte permanente des liens de parenté entre répertoire savant et tradition populaire, entre musiques de l’écrit et de l’oralité.
Photos Alain Aisene
Cultures d'Islam : conférence d'Abdelwahab Meddeb
Conférence
d'Abdelwahab Meddeb
Conférence-débat
Présentation Bernard Fischer
Mardi 27 mars 2012

De gauche à droite : Bernard Fischer, Abdelwahab Meddeb et Laurence Aisene
dans le grand salon de l'Hôtel de Ville de Metz
Abdelwahab Meddeb enseigne la littérature comparée à l’université de Paris-X Nanterre. Il crée en 1997 sur France Culture l’émission hebdomadaire Cultures d’Islam dont il continue d’être le producteur. Il est auteur d’une trentaine d’ouvrages dont La Maladie de l’islam pour lequel il reçoit en 2002 le prix François Mauriac, de Matière des oiseaux, couronné par le prix Max Jacob en 2002. En 2007, il reçoit le prix de la francophonie Benjamin Fondane pour Contre-Prêches et partage en 2010 avec Edouard Glissant le prix Doha, capitale de la culture arabe, pour l’ensemble de son œuvre. Son œuvre est traduite dans une vingtaine de langues.
Bernard Fischer et Abdelwahab Meddeb
Dans son œuvre polymorphe et transgénérique (allant du poème à l'essai en passant par le roman), il s'attache à honorer ce qu'il appelle sa « double généalogie », européenne et islamique, française et arabe. Son œuvre, transfrontalière, agit sur le lecteur selon une poétique et une esthétique de l'interstitiel, en quête de ce qui interfère entre les langues et les cultures, entre les credos et les imaginaires. Sa visée tend à concilier la découverte de l'inouï en maintenant l'entretien avec les Anciens, quelle que soit leur origine : cette conversation avec les morts mêle les voix des présocratiques à celles des soufis, celles des poètes arabes et persans à celles des poètes médiévaux appartenant aux diverses traditions romanes auxquels il convient d'ajouter ce qui nous parvient des maîtres de la Chine et du Japon classiques. Cependant, Meddeb accorde une place privilégiée aux échos qui résonnent entre les textes d'Ibn Arabî et ceux de Dante à travers lesquels il perçoit les ancêtres de son croisement culturel. Ses derniers essais confirment un engagement tranché et radical contre l'exclusivisme belliqueux de l'intégrisme qu'il diagnostique comme étant la « maladie de l'islam ». Son œuvre, quels qu'en soient le support et les enjeux, traduite dans une vingtaine de langues, reste ouverte sur l'horizon cosmopolitique d'une weltliteratur toujours à venir, qu'il enrichit par le désenclavement des références arabes et islamiques.
Photos Philippe Hoch
Républicain Lorrain : concert de Benjamin Muller
Le Républicain lorrain
du 24 mars 2012
Pour lire l'article un clic ici
Le Républicain lorrain du
26 mars 2012

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Chants de l'âme juive : Benjamin Muller accompagné de ses fils
Benjamin Muller
Grand chantre (Hazan)
de la communauté juive d'Anvers
accompagné ses fils et petits-fils
Dimanche 25 mars 2012
Synagogue consistoriale de Metz
Laurence Aisene, présidente du Festival des Voix Sacrées
a rappelé les valeurs humanistes qui animent le festival
et dédié le concert aux victimes
de Toulouse et de Montauban
En écho à la cérémonie en hommage aux victimes de Toulouse et de Montauban, qui s’est déroulée ici même, mardi soir, le festival des Voix sacrées a décidé de dédier ce concert à la mémoire de ces vies, ces vies sacrées, fauchées par le fanatisme et la fureur aveugle.
Voix sacrées ici, vies massacrées là-bas.
Par ces voies tragiquement discordantes, l'actualité brutale montre, s’il en était besoin, la raison d’être d’un festival qui prône depuis sa création les valeurs de tolérance et de respect.
Grâce à l’art, aux esthétiques diverses et à la culture, le Festival des Voix sacrées poursuit son projet de susciter et d’encourager l’échange et le dialogue entre judaïsme, christianisme et islam, avec la volonté de favoriser une meilleure connaissance des différentes spiritualités. Il entend, à son niveau, lutter contre l’ignorance, l'obscurantisme et les fanatismes, qui sont sources de division, de méfiance et d’incompréhension. Portant haut cette vision de l’art qui relève d’une éthique, les objectifs poursuivis par l’association sont strictement laïcs. Le fait de solliciter les religions du Livre n’implique pas forcément une démarche religieuse, qui reste du seul ressort de la conscience individuelle. Mais, en ces temps troublés, il est nécessaire et urgent de rappeler le fait que la culture d’aujourd’hui repose sur un socle religieux séculaire, qui a fondé les valeurs de notre civilisation. A travers l’art et en référence à ces valeurs fondatrices, nous souhaitons retrouver les points de convergences sur lesquels les hommes d’aujourd’hui, croyants ou non croyants, peuvent se rencontrer.
Comme Etty Hillesum, dont les textes résonnaient l’autre soir salle Braun, nous voulons avoir foi en l’Homme alors même qu’il accomplit ses plus noirs méfaits, et nous portons avec conviction et espoir un message de fraternité et d'harmonie entre les voix humaines des religions juive, chrétienne et musulmane.
Je remercie Monsieur Benjamin Muller et sa famille d’avoir accepté notre invitation. Nous sommes très heureux et honorés de recevoir un chantre de si grande réputation, dont la renommée dépasse largement les frontières. Merci également aux jeunes artistes messins, Grégoire Humbert et Raphael Jouan, que nous avons conviés, avec le souhait de mettre en valeur des jeunes talents locaux.
Laurence Aisene, présidente
Le grand rabbin Bruno Fiszon
Benjamin Muller
Le programme interprété par le chantre et ses fils mettent en exergue la liturgie de Pessah (mot hébreu signifiant « sauter, passer par-dessus », l’une des grandes fêtes du calendrier liturgique juif, célébrée durant une semaine. Fête de la liberté, Pessahfait mémoire de la fin de l’esclavage des Hébreux en Égypte et annonce la rédemption des temps messianiques.
Un public nombreux et recueilli était venu écouter
les chants de la liturgie synagogale
Benjamin Muller accompagné de ses fils et petits-fils
Raphaël Jouan au violoncelle et Grégoire Humbert au piano
Photos Alain Aisene et Philippe Hoch
Barbara Furtuna : Cruelle destinée, choeur d'hommes
Choeur d'hommes
Magie des voix corses
Montigny-lès-Metz, église Saint-Joseph
Samedi 24 mars 2012
Jean-Luc Bohl, président de Metz-Métropole et maire de Montigny-lès-Metz a accueilli en compagnie de Laurence Aisene, présidente du festival des Voix Sacrées, le groupe corse Barbara Furtuna, fondateur d'un groupe voué à l'interprétation du patrimoine polyphonique insulaire.
Enracinés dans la tradition corse, les quatre chanteurs de Barbara Furtuna
enrichissent leur répertoire de créations et d'adaptations
qu'ils interpètent a capella
ou accompagnés seulement d'une guitare ou d'une flûte.
Le public était venu en grand nombre
applaudir cette formation exceptionnelle.
Madame Monique Sary (à gauche), adjoint à la culture et
Monsieur Jean-Luc Bohl ont apprécié ce concert de qualité
offert par la municipalité aux habitants de Montigny-lès-Metz
Chants religieux et chants d'amour au programme !
Depuis une dizaine d’années le groupe est présent sur la scène internationale, en Europe, en Amérique du nord, ou en Australie, multipliant des scènes prestigieuses aussi bien en solo qu’à travers des collaborations inattendues. Que ce soit avec l’ensemble baroque l’Arpeggiata ou les musiques anciennes de Constantinople, le quatuor a su démontrer qu’il ne se laissait pas enfermer dans un registre unique et que la musique d’essence traditionnelle garde intacte sa capacité à nous surprendre et à nous émouvoir.
Photos Alain Aisene et Philippe Hoch
Etty Hillesum, journal intime : salle Braun le mercredi 21 mars 2012
Etty Hillesum,
journal intime
En partenariat avec l'association
Vivant dans une joie miraculeuse et charismatique l’une des pages les plus noires de l’Histoire, une jeune juive hollandaise de vingt-neuf ans s’apprête à être déportée avec une liberté d’esprit surprenante face aux événements et face à elle-même. Jour après jour, dans un combat lumineux et singulier pour rencontrer la vérité et la réalité telle qu’elle est, elle confie à son journal son cheminement mystique et son inébranlable parti pris d’espérance : la vie est “belle et pleine de sens” à chaque instant".
Sandrine Chauveau, seule en scène, prête sa voix à Etty
et met son jeu d'acrice au service d'un texte
pétri de sentiments d'humanité.
L’attention portée à la vie brève et féconde d’Etty Hillesum dépasse de loin le cercle des initiés. Son itinéraire est celui d’une femme sensuelle et “banalement moderne” qui, en se laissant transformer par l’amour des hommes et les événements du monde, est devenue un être éminemment libre. Le feu intérieur de cette jeune femme juive, qui se proposait d’“aider Dieu” au sein de l’enfer des camps, a quelque chose à nous dire de la liberté et de la bonté qui habitent ceux qui consentent à dire “oui” à la vie, quelle qu’elle soit, à dire “oui” malgré tout.
Entre la vie intérieure, qu'illumine la découverte de Dieu, et la souffrance des hommes, se déploie ce que Rilke, le poète préféré d'Etty Hillesum, appelait : " l'espace intime du monde".
Si le journal s’achève en 1942 - ses derniers cahiers, tenus jusqu’à son départ, n’ont pas été retrouvés -, il nous reste toutes les lettres qu’elle écrivit jusqu’au bout, à ses amis.
Sandrine Chauveau et Dominique Davin
Photos Philippe Hoch
Voix turques, Souffles d'amour : le groupe Turquoise
Groupe Turquoise
Voix turques,
Souffles d'amour
s'est produit
Salle Braun, samedi 17 mars à 2O h 30
Dirigé par Mehmet Kaba, le groupe a fait découvrir au public le vaste répertoire de la musique traditionnelle turque. Les chanteurs, accompagnés par le baglama (ou saz), ont dévoilés un patrimoine peu connu mais de grande qualité.
Photographies Philippe Hoch
Ensemble Gospel Young Sisters au Temple Neuf : vendredi 16 Mars 2O12
au Temple Neuf de Metz
Oh Happy day !!!
Laurence Aisene, présidente du Festival des Voix Sacrées et Elisabeth de Bourqueney, pasteur du Temple Neuf de Metz, ont accueilli cette formation de Gospel venue de Paris. Constitué en 2002 ce groupe de jeunes interprètes partage la même passion pour un répertoire comportant à la fois du gospel contemporain et du negro-spiritual.
Elisabeth de Bourqueney (à gauche) et Laurence Aisene (à droite)
ont accueilli ce groupe de cinq jeunes femmes
accompagné d'un musicien, Hubert, au synthétiseur
Happening au centre Saint-Jacques de Metz : le FDVS annonce son programme
Annonce impromptue du programme 2012
du Festival des Voix Sacrées
Samedi 3 mars 2012
Christophe Bergossi
Happening au centre
Saint-Jacques de Metz
avec la Maîtrise de la cathédrale sous la direction
de Christophe Bergossi
Photos Philippe Hoch
Ce " happening" s'est déroulé le samedi après-midi 3 mars dans un centre commercial messin à une heure de grande affluence et a surpris un public affairé aux courses hebdomadaires. C'est une première pour le Festival des Voix Sacrées qui est allé à la rencontre d'un auditoire inhabituel séduit par cette démarche musicale de qualité.
La Maîtrise de la cathédrale de Metz, sous la direction de Christophe Bergossi, a interprété des pièces de musique religieuse laissant, pour quelques instants, derrière elle un moment d'émotion.
Laurence Aisene, présidente du Festival des Voix Sacrées, ainsi que les membres de l'association se sont tenus à la disposition du public pour distribuer le programme et présenter les prochaines manifestations.












































































































