Conférence


d'Abdelwahab Meddeb

Conférence-débat

 

Présentation Bernard Fischer

Mardi 27 mars 2012


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De gauche à droite : Bernard Fischer, Abdelwahab Meddeb et Laurence Aisene

dans le grand salon de l'Hôtel de Ville de Metz

 

Abdelwahab Meddeb enseigne la littérature comparée à l’université de Paris-X Nanterre. Il crée en 1997 sur France Culture l’émission hebdomadaire Cultures d’Islam dont il continue d’être le producteur. Il est auteur d’une trentaine d’ouvrages dont La Maladie de l’islam pour lequel il reçoit en 2002 le prix François Mauriac, de Matière des oiseaux, couronné par le prix Max Jacob en 2002. En 2007, il reçoit le prix de la francophonie Benjamin Fondane pour Contre-Prêches et partage en 2010 avec Edouard Glissant le prix Doha, capitale de la culture arabe, pour l’ensemble de son œuvre. Son œuvre est traduite dans une vingtaine de langues.

 

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Bernard Fischer et Abdelwahab Meddeb 

 

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Dans son œuvre polymorphe et transgénérique (allant du poème à l'essai en passant par le roman), il s'attache à honorer ce qu'il appelle sa « double généalogie », européenne et islamique, française et arabe. Son œuvre, transfrontalière, agit sur le lecteur selon une poétique et une esthétique de l'interstitiel, en quête de ce qui interfère entre les langues et les cultures, entre les credos et les imaginaires. Sa visée tend à concilier la découverte de l'inouï en maintenant l'entretien avec les Anciens, quelle que soit leur origine : cette conversation avec les morts mêle les voix des présocratiques à celles des soufis, celles des poètes arabes et persans à celles des poètes médiévaux appartenant aux diverses traditions romanes auxquels il convient d'ajouter ce qui nous parvient des maîtres de la Chine et du Japon classiques. Cependant, Meddeb accorde une place privilégiée aux échos qui résonnent entre les textes d'Ibn Arabî et ceux de Dante à travers lesquels il perçoit les ancêtres de son croisement culturel. Ses derniers essais confirment un engagement tranché et radical contre l'exclusivisme belliqueux de l'intégrisme qu'il diagnostique comme étant la « maladie de l'islam ». Son œuvre, quels qu'en soient le support et les enjeux, traduite dans une vingtaine de langues, reste ouverte sur l'horizon cosmopolitique d'une weltliteratur toujours à venir, qu'il enrichit par le désenclavement des références arabes et islamiques.


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Photos Philippe Hoch